Pourquoi ce blog ?

Nous refusons de croire ce que nous savons…

La compensation carbone des voyages pose les questions de la durabilité des modèles du tourisme d’aujourd’hui :

> Peut-on réduire la quadrature du cercle, celle d'un nombre croissant de voyageurs en avion, d'un stock fini de pétrole, et d'une technologie encore inexistante, même embryonnaire, pour faire voler des avions avec autre chose que du kérosène ?
> La compensation pratiquée à ce jour induit-elle une nouvelle forme de colonialisme ?
> Quelle spéculation lègue t-elle aux générations futures ?

De vraies questions qui appellent de vraies solutions. Le tourisme, et pas seulement le transport aérien, devront subir, ou organiser leurs mutations.

Ces questions sont à peine abordées, en général, dans les articles consacrés au sujet.
Vous en trouverez sur ce blog une sélection, pour vous faire votre propre idée.

Voyageur, si ces propos te dépriment, tu peux te balader sur mes diaporamas ci-dessous...

vendredi 16 septembre 2011

En pleine tourmente financière, les banques se ruent sur les forêts et le carbone

 
15 septembre 2011,
Par Sylvain Angerand

En préparation des négociations sur le climat qui auront lieu en fin d’année à Durban (Afrique du Sud), et en pleine tourmente financière, le secteur banquier, avec en tête BNP Paribas [1], lance une offensive pour réclamer l’intégration des forêts dans le marché du carbone. Les Amis de la Terre s’opposent fermement à cette dérive qui ne repose sur aucune base scientifique et place l’avenir des forêts du monde, et des communautés qui en dépendent, dans les mains d’entreprises irresponsables.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et le secteur bancaire publient aujourd’hui un nouveau rapport[2], avec une série de recommandations, pour que les négociations sur la lutte contre la déforestation et le réchauffement climatique « s’ouvre efficacement aux flux de la finance privée[3]  ». Au centre des débats, les banques espèrent pouvoir accéder à un marché potentiel de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an[4] avec la création de crédits-carbone forestiers REDD[5] qui pourraient être achetés par les entreprises et les États ne respectant pas leurs obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Or, comme l’explique Sylvain Angerand, chargé de campagne pour les Amis de la Terre et ingénieur forestier, la compensation carbone est une imposture scientifique : « Il n’est pas possible de compenser la libération de carbone d’origine fossile (pétrole, charbon...), qui s’est formé pendant plusieurs millions d’années, par un stockage très temporaire dans les forêts. Les grands incendies en Amazonie, en Russie ou en Asie du Sud-Est, qui se multiplient chaque année, nous le rappellent de façon évidente ».
En réalité, l’enjeu pour le secteur privé n’est pas tant de participer à la lutte contre les changements climatiques que de transformer la crise écologique en opportunité économique comme l’explique Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers pour les Amis de la Terre : «  Si BNP Paribas, et les autres banques qui ont co-signé ce rapport, voulaient vraiment s’engager pour le climat elles arrêteraient de financer d’une part des secteurs qui contribuent à la déforestation comme les monocultures de palmiers à huile ou de soja[6] et d’autre part des projets extrêmement controversés de centrales à charbon ou d’extraction de pétrole à partir de sables bitumineux[7]. »
Alors que le secteur financier s’écroule, les banques sont à la recherche de nouveaux placements présentés comme beaucoup plus sûrs et plus rentables : c’est ce qui explique la tendance croissante à la financiarisation des ressources naturelles et des biens communs comme l’atmosphère. Après la conférence de Durban en décembre, c’est le Sommet de Rio en juin qui est en ligne de mire des banques : « Les offensives du secteur financier pour mettre la main sur l’atmosphère et la biosphère se multiplient et il est urgent de s’y opposer car les conséquences écologiques et sociales sont désastreuses » comme l’explique Sylvain Angerand qui poursuit : « Nous observons de très près les projets pilotes et nous constatons de graves dérives : restriction d’accès, expulsion de communautés pour planter des arbres transgéniques à croissance rapide, ou encore, embauche de milices privées pour protéger les investissements de ces entreprises[8] ».
Les Amis de la Terre appellent donc les banques privées, et en particulier BNP Paribas, à faire face à leurs responsabilités en arrêtant de financer des projets qui contribuent à la déforestation et au dérèglement du climat plutôt que de vouloir en tirer doublement profit en jouant au pompier-pyromane.


[1] Christian del Valle, Directeur des Marchés de l’Environnement pour BNP Paribas, est l’un des deux intervenants du secteur bancaire pour la conférence de sortie du rapport ci-dessous.
[2] REDDy-Set-Grow : Part II - Recommendations for International Climate Change Negotiators. Voir ici : http://www.unepfi.org/events/2011/f...
[3] Communiqué de presse de UNEP-Finance Initiative du 13 septembre 2011. « United Nations-convened coalition of financiers warns of huge costs of failure to protect forests beyond Kyoto »
[4] Voir le rapport Stern : http://webarchive.nationalarchives....
[5] REDD est l’acronyme de Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts. Pour en savoir plus, voir : http://www.amisdelaterre.org/-Les-f...
[6] Voir le rapport des Amis de la Terre Europe « European financing of agrofuel production in Latin America » http://www.foeeurope.org/agrofuels/...
[7] http://www.amisdelaterre.org/Nouvea...
[8] Voir par exemple le reportage de France 5 sur l’impact des projets de compensation carbone sur les communautés en Ouganda : http://www.amisdelaterre.org/Le-pie... ou le site http://www.redd-monitor.org/

vendredi 17 décembre 2010

Planter des arbres pour polluer tranquille, la fausse bonne idée

Par Sylvain Angerand sur Rue89

chargé de campagne "forêt" - Les Amis de la Terre 12/12/2010

A Cancùn, si les négociations sont sorties de l'impasse, c'est au prix de nombreux sacrifices. Les pays riches refusent de réduire leur pollution ? Pas grave, ils pourront la compenser. Mais acheter le droit de polluer si l'on plante ou sauve des forêts est une fausse bonne idée. Voici pourquoi.


En grandissant, un arbre absorbe du dioxyde de carbone, l'un des principaux gaz à effet de serre. C'est pour ça que les entreprises l'adorent : il permet de continuer à polluer tranquillement en « compensant ».

Le système REDD+, en discussion à Cancún, propose de créer des crédits carbone accordés à ceux qui luttent contre la déforestation et plantent des arbres.

1 - Un écran de fumée

Tant que le carbone est stocké sous forme de roche (charbon) ou de liquide (pétrole) dans le sous-sol, il est inerte d'un point de vue climatique. C'est sa libération dans l'atmosphère au moment de la combustion qui est problématique car elle n'est pas réversible : il faudrait des millions d'années pour recréer du charbon ou du pétrole à partir de la décomposition des végétaux (d'où le terme d'énergies fossiles).

Le piège de la compensation carbone, c'est de nous faire croire l'inverse. Il suffirait que les arbres absorbent le carbone émis lors de la combustion du pétrole pour le neutraliser. Mais un arbre n'a une durée de vie que de quelques dizaines ou centaines d'années. Quand l'arbre sera incendié ou que le bois sera décomposé, le carbone stocké sera émis à nouveau dans l'atmosphère. D'un point de vue climatique, l'intérêt est donc quasiment nul.

L'urgence est-elle de regarder pousser des arbres ou de fermer le robinet à pétrole ? Devinez…

2 - Paie-moi ou je rase tout

Ces considérations n'empêchent pas les négociateurs de continuer à confondre compensation et réduction. Mieux, il est désormais question de créer un mécanisme encore plus complexe : la « déforestation évitée » ou, dans le jargon des négociations, « REDD » (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts).

L'ère du chantage écologique est officiellement ouverte : plus vous menacez de sortir les tronçonneuses, plus vous pourrez vendre de crédit carbone si finalement, vous vous engagez à éviter le massacre. Des consultants comme McKinsey ou ONF International se livrent une concurrence acharnée pour aider les pays du Sud à établir des scenarii de déforestation catastrophe.

Le Guyana, qui a aujourd'hui un taux de déforestation quasiment nul, brandit à la tribune des Nations unies une étude montrant qu'il est prêt à raser la quasi-totalité de sa forêt dans les vingt-cinq prochaines années… sauf, bien sûr, si on le paye en achetant ses crédits carbone « déforestation évitée ».

Pour faire accepter ce nouveau mécanisme à l'Inde et à la Chine, qui ne possèdent plus beaucoup de forêt mais plantent massivement, même les monocultures d'arbres à croissance rapide sont éligibles. Mais, à vouloir faire plaisir à tout le monde, le résultat est désastreux : on risque de voir disparaître les forêts naturelles au profit de ces monocultures.

L'Indonésie est en train de magouiller les chiffres et les définitions pour que ses immenses champs de palmiers à huile, plantés à la place de forêts, puissent recevoir des crédits carbone.

3 - Les plus gros pollueurs s'achètent une conscience

Afin d'éviter que les entreprises et les pays développés « compensent » leurs émissions en achetant une parcelle d'arbres ou une promesse de non-déforestation, certains proposent que la compensation carbone soit uniquement volontaire et vienne s'ajouter aux efforts obligatoires de réduction. WWF et GoodPlanet, la fondation de Yann Arthus-Bertrand, proposent à Air France de compenser volontairement ses émissions en finançant un programme de lutte contre la déforestation à Madagascar.

Mais comme on le sait, une entreprise ne fait jamais rien gratuitement (ou très rarement), donc cette compensation volontaire risque de laisser penser qu'il n'y a pas besoin d'une règlementation contraignante.

On voit ainsi, aux Etats-Unis, des entreprises comme General Motors ou American Electrical Power, publiquement opposées à la ratification du protocole de Kyoto par leur pays, se lancer dans un vaste programme d'achat de forêt au Brésil pour compenser leurs émissions. Pas besoin de loi, laissez faire l'autorégulation.

4 - La double peine pour les plus pauvres

Les plus pauvres risquent de subir de plein fouet les changements climatiques et de voir leurs droits restreints par une nouvelle forme de colonialisme climatique. Quand General Motors achète des forêts au Brésil, les populations locales n'ont plus le droit d'y mettre les pieds. Un villageois qui a essayé de couper du bois pour réparer sa maison a passé onze jours en prison.

En Ouganda, autour du Mount Elgon, un groupement d'entreprises énergétiques des Pays-Bas a expulsé des paysans pour planter des arbres à croissance rapide capable de stocker du carbone. Des exemples d'expulsion liée à ce nouveau business du carbone comme ceux-là, on en a recensés plein dans notre rapport « REDD : les réalités noir sur blanc ».

5 - Les plus riches se frottent les mains

Les vautours planent au-dessus de ce nouveau marché. Interpol a d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme sur le site Planetark.org :

« Les syndicats du crime organisé surveillent de très près l'émergence des crédits carbone forestiers et y voient une opportunité potentielle de fraude très lucrative. »


En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des villageois ont rapporté avoir été menacés par des personnes armées pour signer des documents cédant leurs droits sur leurs forêts, selon une télé australienne.

Au Liberia, les responsables d'une entreprise anglaise, Carbon Harvesting Corporation, ont été interpellés par la police pour tentative de corruption en vue d'obtenir des crédits carbone frauduleux.

Enfin, flairant le bon filon, les banques sont en train de se ruer sur la finance carbone et de créer de nouveaux placements : BNP a, par exemple, investi dans un projet de réduction de la déforestation au Kenya. Après la crise des crédits subprimes toxiques, la crise des crédits carbone bidons ?

vendredi 3 décembre 2010

Cancun : les Amis de la Terre dénoncent la compensation carbone

ÉCRIT PAR YVES HEUILLARD LE 29 NOVEMBRE 2010


Après l'échec du sommet de Copenhague, les Amis de la Terre considèrent que les pays développés doivent sortir les négociations de l'impasse en reconnaissant leur responsabilité historique dans les changements climatiques et prendre les mesures structurelles nécessaires : réduire de façon drastique les émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de moins 40 % d'ici 2020 pour l'Europe ; renoncer aux mécanismes de compensation carbone, inefficaces et injustes, qui ont pour seul objet de masquer le manque de réduction des émissions dans les pays développés.

L'association souligne qu'en particulier, il y a un risque important que le mécanisme REDD (*) entre dans les marchés du carbone. Ceci conduirait les pays développés à privatiser des forêts dans les pays du Sud pour acheter des droits à polluer. Les mécanismes de compensation REDD priveraient les populations locales vivant des forêts de leurs droits et éviteraient aux pays industrialisés de prendre les mesures pour réaliser les réductions d'émissions domestiques indispensables.

Explications...

Rappelons que les mécanismes de compensation visent à créer dans les pays développés des droits à polluer en investissant dans des pays en développement. Le principe de la création de droits à polluer est le suivant : pourquoi n'aurais-je pas de droits supplémentaires à polluer chez moi, dans la mesure où je ferais des investissements pour réduire des émissions dans un pays où le marché du carbone n'existe pas. Par exemple, j'investis dans un barrage en Inde, j'évite là bas l'émission de 10 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an, je récupère autant de droits à émettre chez moi. Il existe deux mécanismes de ce type dans le Protocle de Kyoto, on les appelles les mécanismes de flexibilité. Toutes les explications dans notre article sur le marché du carbone.

Et infidélité conjugale...

Les mécanismes de compensation sont remis en cause par nombre d'associations de protection de l'environnement qui y voient une excuse des pays développés pour ne pas diminuer leurs propres émissions. Les défenseurs de la compensation carbone défendent de leur côtés, que le système permet de réduire les émissions de CO2 au moindre coût pour la société. Pour expliquer la compensation le site Internet CheatNeutral transpose avec humour les mécanismes de la compensation à l'infidélité conjugale...

jeudi 18 novembre 2010

Un voyagiste britannique renonce au système de compensation des émissions de carbone

Un voyagiste britannique renonce au système de compensation proposé à ses clients pour « effacer » les émissions de carbone liées à leurs voyages. Le débat est ouvert.

Voilà qui ne surprendra peut-être pas grand monde: la compensation volontaire du gaz carbonique émis quand on voyage ne sert pas à grand chose, en tous cas pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le constat est d’autant plus parlant qu’il est signé du britannique Responsible Travel, un des premiers voyagistes à avoir proposé à ses clients, dès 2002, de compenser leurs vacances, sur la base d’un montant calculé en fonction du poids en carbone de chaque voyage. Histoire d’enfoncer le clou et d’être cohérent, Responsible Travel a donc abandonné ce mécanisme. L’entreprise propose à ses clients de moins utiliser l’avion et leur demande de voyager plus près, en utilisant le train dans la mesure du possible.


Les mécanismes de compensation carbone étaient perçus par de nombreuses organisations écologistes comme un outil qui permettait aux consommateurs de toujours plus recourir à l’avion, en se donnant bonne conscience. L’argent récolté étant —en principe— investi dans des projets de production d’énergies nouvelles dans les pays en développement. Pour les responsables du voyagiste britannique, la « compensation carbone » ne permet pas de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pire, selon RT, son existence même empêche les consommateurs de modifier leur mode de vie.

On pourrait ajouter aussi que les Etats disposent d’un formidable outil qui serait bien plus efficace pour inciter le consommateur à moins prendre l’avion: car le kérosène échappe encore à toute taxe: pas de TVA, de TIPP et autre taxe carbone. rien, zéro prélèvement. En dépit de quelques timides tentatives de l’UE de changer cette situation, les Etats-Unis se refusent même d’engager la discussion. La seule taxe (hormis le prélèvement fait par les aéroports) est la fameuse « taxe de solidarité sida » récoltée par une poignée de pays et qui, si j’ai bien compris, rapporte des clopinettes… (1)

Il y a deux ans, Borloo avait reconnu publiquement que le maintien de vols intérieurs Paris-Lyon ou Paris-Marseille est une absurdité, à l’ère du TGV. Et pourtant, les avions décollent toujours!

(1) Selon UNITAID, qui récolte cette petite manne, seuls huit pays ont adopté le système de taxe sur les billets d’avions proposé par Chirac: Chili, Côte d’Ivoire,RDC, France, Madagascar, Maurice, Niger et Corée du sud.

© Denis Delbecq posté le 29 nov 2009 sur son blog http://effetsdeterre.fr

vendredi 12 novembre 2010

Polémique sur les crédits-carbone chinois

Un article publié par Novethic

La Chine est une nouvelle fois pointée du doigt pour avoir détourné le mécanisme des crédits carbone mis en place par l'ONU dans le cadre du protocole de Kyoto. Plusieurs sociétés chinoises font actuellement l'objet d'une enquête. Une affaire qui tombe mal à un mois du sommet de Cancun.

Dix entreprises asiatiques font actuellement l’objet d’une enquête. Elles sont soupçonnées d’avoir détourné à leur profit le mécanisme des crédits carbone.


C’est l’ONG allemande CDM Watch qui avait révélé la première ce scandale en juillet dernier. Il aura fallu trois mois aux Nations unies pour se saisir de l’affaire et diligenter une enquête. Une information confirmée par l’ONU lors du sommet de Tianjin sur l’environnement au début du mois.

Selon CDM Watch, il s’agit d’une escroquerie portant sur « plusieurs milliards de dollars » : l’élimination d'un gaz « à effet de serre très puissant » et rare, le HFC-23. Ce gaz est tellement valorisé qu'il devient en effet rentable de le fabriquer simplement pour le détruire. C’est ce que ferait l’entreprise chinoise Dongyue, un fabriquant de produit chimique installé dans le Shangdong, dans l’Est de la Chine. Selon un journaliste Hongkongais, Eric Ng, du quotidien South China Morning Post, Dongyue produirait volontairement des surplus de HFC-23 pour mieux le détruire et obtenir des crédits carbones revendus ensuite à des entreprises européennes et américaines. Eric Ng affirme s’être rendu sur place au mois d’octobre et avoir constaté la dérive de visu.

Enquête de l'ONU

Des experts mandatés par l’ONU sont actuellement en train d’enquêter sur le cas de Dongyue, mais pas seulement. Au total, dix entreprises asiatiques sont dans le collimateur, dont sept Chinoises, deux Sud-coréennes et une Indienne. Toutes ont profité du MDP en produisant puis détruisant le gaz HFC-23.

Ce gaz est aussi connu sous le nom de fluoroform . Il est 11 700 fois plus nocif que le CO2, et les infrastructures industrielles de captage et de destruction sont rapidement devenues le premier vecteur de MDP dans le monde. On estime ainsi que la moitié du milliard de tonnes d'équivalent CO2 économisé grâce aux MDP entre 2004 et 2012 proviendra de la destruction du HFC-23. Un effet d’aubaine pour de nombreuses entreprises. Le prix payé pour la destruction du gaz serait en effet jusqu'à 70 fois supérieur au coût réel de l'opération, relève ainsi CDM Watch. Interrogé, le groupe Dongyue a démenti ces accusations et attend le résultat de l’enquête onusienne. Mais il y a fort à parier que rien ne sortira avant le sommet de Cancun.

On comprend mieux dès lors la bataille qui se joue en coulisses sur ces dossiers et notamment l’acharnement de la Chine à défendre ce système des crédits carbone. Le groupe Dongyue affiche des revenus annuels de 400 millions d’euros et on le sait proche des pouvoirs politiques chinois. Par ailleurs, la Chine est en train de se lancer sur le marché du trading de crédits carbone et vient d’inaugurer à Tianjin justement sa première plateforme d’achats et de ventes de crédits. Une bourse du CO2 qui sera suivie par deux autres en Chine d’ici 2012. Un commerce lucratif dans lequel la Chine entend jouer les premiers rôles. Ce scandale, s’il est avéré, s’ajoute à celui révélé au moment du sommet de Copenhague. A l’époque, les Nations unies avaient refusé d'intégrer une dizaine de projets de parcs éoliens chinois aux mécanismes de développement propre. L'institution soupçonnaient la Chine d'avoir manipulé certains prix pour apparaître compétitifs et bénéficier de subsides internationaux.

Premier émetteur mondial de CO2, la Chine a en effet très tôt compris les avantages de ce mécanisme qui lui permet de faire financer, une partie de ses programmes de constructions de barrages hydroélectriques, de fermes éoliennes ou de destruction de gaz polluants par les pays développés. Actuellement, la Chine ne pèse que 3 à 4 milliards de dollars sur un marché total des crédits carbone de 126 milliards. Mais c’est elle qui remporte actuellement près de la moitié de l'ensemble des crédits venus des pays développés. L'Afrique, elle, n'en touche que 2 %.

Stéphane Pambrun à Pekin

Mis en ligne sur Novethic le : 02/11/2010

dimanche 3 janvier 2010

Compensation des gaz à effet de serre générés par nos voyages


© Pascal Lluch 03 Janvier 2009

Il y a un an, en décembre 2008, nous avons publié un article intitulé Carbone et compensation de nos déplacements - le cas de l’aérien, repris d’ailleurs par divers sites, dont celui du Ministère du Tourisme.
Aujourd’hui, il nous semble opportun de faire le point sur ce thème, de tirer les enseignements des expériences, et d’intégrer les dernières avancées scientifiques.

Chacun aura noté qu’en quelques mois, les problématiques environnementales ont envahi le champ de la réflexion du grand public, et que ce dernier est beaucoup mieux informé. S’y rattachent aujourd’hui toutes les formes de consommation (alimentation, déplacements, énergie domestique, loisirs, etc.), et le voyage, d’agrément ou professionnel, est aujourd’hui au cœur d’une réflexion individuelle.

Rappelons que la compensation de nos émissions de gaz à effet de serre a pour objet de chercher à contre balancer une partie des nuisances générées par notre mode de vie. Ce mécanisme ne s’occupe que de notre contribution au réchauffement climatique, et non aux autres aspects de la pollution générée. Ainsi, compenser un déplacement consiste à évaluer la quantité de Gaz à Effet de Serre (GES) émise pour ce déplacement et à financer un projet censé diminuer de la même quantité les émissions de GES.


Nous essayerons de clarifier les discours, et de faire, si possible, la part entre les bonnes intentions, le marketing, la réalité et le possible.

Dans l’article précédent, nous émettions quatre vœux, que nous allons passer en revue :

1/ une harmonisation des modes de calcul des émissions de CO2.

Aujourd’hui il existe différents sites permettant de faire en ligne une simulation pour évaluer la masse des GES à compenser en fonction d’un déplacement (ou de tous nos actes de la vie quotidienne). Le meilleur est celui de l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie). Il est utilisé par tous les professionnels qui font des bilans carbone, et par de nombreux organismes de compensations.
Rappelons qu’ensuite une valeur est donnée à la tonne de GES, pour calculer le montant en Euros à compenser, c'est-à-dire à dépenser, en finançant un projet visant à éviter une production équivalente de GES (amélioration de l’efficacité énergétique, stockage de CO2, etc.).

2/ une harmonisation des standards, et la définition d’un label de haut niveau, car on voit déjà poindre la concurrence entre ces organismes non contrôlés, c'est-à-dire celui qui évaluera vos émissions les plus basses pour un même déplacement, ou qui proposera la tonne la moins chère. …
3/ une transparence des modes de calcul et des actions engagées, et donc le bénéfice réel pour l’environnement ; c’est le seul moyen d’amener les voyageurs vers les programmes volontaires de compensation.

Ces deux points se rejoignent : pour qu’une compensation soit supposée efficace, donc réelle, il faut réunir au minimum deux conditions :

Ø Que l’on puisse prouver que le projet financé par des fonds provenant de collecte des programmes de compensation soit simplement… efficace.
C'est-à-dire qu’il y ait réellement économie de production de GES. La quantification de cette économie et le fait qu’elle perdure dans le temps constituent deux éléments essentiels ; mais ils sont difficiles à évaluer, et surtout garantir.

Ø Que le principe d’additionnalité soit absolument respecté ; c'est-à-dire qu’il faut être certain que le projet financé, non seulement va permettre une économie d’émissions de GES, mais que cette économie n’aurait pas pu exister sans que le projet soit (co)financé par le programme de compensation.

Techniquement, l’évaluation de la pertinence de la mesure compensatrice doit donc répondre à cinq questions, cinq difficultés :

1. La mesurabilité (en tenant compte des fuites – les arbres replantés sur une parcelle, et ceux coupés à côté par le même propriétaire, les émissions générées par la certification et la vérification, etc.)

2. Le vérifiable (il y a eu un état 0, c à d une évaluation des émissions de GES sans l’apport du projet, puis une évaluation est faite chaque année pour un bilan, vérifiant que les certificats ont été vendus à un juste prix)
3. La permanence (le projet finance des énergies qui resteront renouvelables ; les émissions de GES ne sont pas différées, et aléatoires comme avec le bois, etc.)
4. La non rentabilité immédiate
5. La cinquième, la condition d’additionnalité, est la plus importante ; son non respect annule purement et simplement la notion de compensation, quelle que soit la qualité du projet auquel elle est associée.

Le consommateur ne dispose que d’un seul élément lui garantissant le bon emploi de sa contribution : le certificat MDP - ou Mécanisme de Développement Propre. Totalement indépendant des prescripteurs, des vendeurs de projets, des réalisateurs de projets, ils sont définis et attribués par la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). C’est à ce jour le seul moyen de s'assurer qu'un projet « générera » réellement des GES non émis.
Ainsi l’ONU valide t-elle des projets, qui sont sur le marché, en délivrant des certificats. C’est à dire que les porteurs de projets validés ont des quotas de crédits carbone qu’ils peuvent vendre (ce qui les aide à développer leur projet) à un opérateur en compensation carbone, celui à qui vous (ou l'agence de voyages) allez acheter la compensation de votre voyage (ou de vos déplacements quotidiens et/ou le chauffage de votre habitat).
Le protocole est lourd, mais il est la garantie du meilleur emploi possible des crédits vendus. Il est donc évident que la compensation (volontaire ou non !) s'accommode mal de petits projets.

Pourquoi les vendeurs de compensation n’en parlent généralement pas ?
Parce que l’opérateur préfèrera choisir ses fournisseurs qui lui vendront des tonnes de carbone liées à des projets plus ou moins sérieux, donc bon marché, suivant les différents niveaux de certification (CER, VER, ou... aucun d’entre eux ! cf. infra). L’important sera ce que retient le client.

Voyager en avion : que nous disent les chiffres et les offres des voyagistes ?
Le niveau moyen en France d’émission de GES est de neuf tonnes / pers/ an.
Dans la perspective d'un véritable développement soutenable, chaque humain ne devrait pas dépasser un quota de deux tonnes par an, pour tous les aspects de sa vie (nourriture, chauffage, déplacements, consommation, déchets). C'est, grosso modo, l’empreinte écologique.
Un vol en classe économique Paris / New York émet 2,56 tonnes.

Peut-on « optimiser » sa distance de vol ?
Prenons le cas d’un axe Paris – Marseille – Djanet (Algérie), 3 villes presque alignées. En théorie, un vol Paris - Djanet produit 1,23 T de GES par passager, alors qu’un Marseille - Djanet en produira 0,95 T (source ADEME – incertitude 20%). Le TGV reliant Paris à Marseille étant en comparaison négligeable, on peut considérer que voler de Marseille vers le sud plutôt que de Paris est une bonne affaire climatique. Mais à une condition : que le vol de Paris soit supprimé. Ce qui dépend du choix de chacun.
Le trajet effectué en TGV ne pourra donc dédouaner la conscience du voyageur que si une grande majorité fait ce choix, permettant à l’avionneur de ne proposer que le vol de Marseille.

Les vols courts
Les compagnies low-cost ont basé leur développement sur la multiplication de lignes domestiques ou européennes, desservies par des appareils de petite capacité ; elles sont responsables de l’augmentation du trafic aérien, sur de courtes distances, et pour du séjour court ; le plus souvent en bénéficiant d’aides publiques, un comble. Or on sait que c’est au décollage qu’un avion consomme une proportion importante de son kérosène ; l’avion devrait être réservé au moyen, sinon long courrier. De plus ces axes aériens sont souvent en compétition avec le train, qui n’est que très faiblement émetteur de GES. Une politique réaliste du développement des moyens de transport devrait empêcher ce mode de concurrence désastreux pour l’environnement.

Les offres de programmes de compensation (du voyage dans son entier) des voyagistes sont variées ; exemples :
Ø Le financement d’un simple programme porté par une ONG, toujours dans un pays pauvre, « auto certifié » ; l’ONG a plutôt trouvé, en partenariat avec un opérateur (un voyagiste par exemple), un mode de financement d’un projet de développement. La part de gain de GES n’est pas ou peu évaluée, faute d’un outil et d’expertises pertinents. Si hors du cadre de cet article ce type de portage de projet n’est pas contestable, il faut noter que l’on est assez éloigné d’un programme de compensation d’émissions de GES. On peut néanmoins se poser la question sur la « logique » d’appuyer l’accès à l’eau dans les pays pauvres à la production excessive de GES de nos vols en avion...

Ø Un organisme de développement en pays émergents propose que le montant de votre compensation soit effectivement affecté à des projets de développement, dont la part énergétique peut être mineure, mais assez clairement définie.

Ø L’alimentation d’une fondation, créée pour l’occasion, par un opérateur ; il garde le contrôle des sommes versées par ses clients, dans une transparence toute relative. Les fonds sont déclarés destinés à un programme de reforestation.

Ø Une compagnie aérienne propose de participer à un programme d’énergie renouvelable (hydraulique) au Brésil, certifié par le mécanisme de développement propre (MDP).


Les modes de collecte varient eux aussi :

Ø Le montant à compenser (calculé comment ?) est intégré au forfait ; il est possible ou pas de le retrancher

Ø L’adresse d’un organisme de vente de crédit carbone est fournie, avec le montant à compenser

Ø Le prix du voyage inclut le montant de la compensation à hauteur de 20% des GES émis (pourquoi 20% ? pour rappeler l’objectif de baisse des émissions de GES à l’horizon 2020 ? ce qui n’a rien à voir bien sûr)

Nous voyons donc que les offres sont liées, d’une manière ou d’une autre, et dans la plupart des cas, à une offre captive et/ou pire, peu lisible.

La compensation carbone questionne le tourisme

4/ [V.V.E.] insiste pour dire que la compensation, volontaire ou obligatoire, n’est pas un passeport pour polluer en toute bonne conscience ; et ne peut permettre l’économie d’une réflexion sur nos modes de consommation des transports.

Nous voyons que réfléchir sur les mécanismes de compensation carbone mène tout droit à une réflexion sur nos modes de déplacement… qui relève de la quadrature du cercle.
Alors instrument de bonne conscience ? Grâce aux outils de calcul, la compensation carbone ne sert-elle qu’à rendre invisibles les nuisances engendrées ? Comment penser que dépenser 50 € en plus de son voyage va effacer celui-ci ? Serait-ce si simple ?

La vraie question serait-elle que les transports, en particulier le transport aérien, sont trop accessibles ? Il y a en permanence plus de deux millions de personnes volant en avion (dont 500 000 Américains).
Les mesures de compensation proposées par des voyagistes relèvent-elles du greenwashing ?
On peut se le demander dans la mesure où la plupart des programmes qu’ils soutiennent ne garantissent ni contraintes ni vérifications susceptibles d’être exigées.

Mais faut-il demander à un voyagiste de compenser nos propres trajets en avion (ou le forfait complet) ? Il n’est pas propriétaire des avions et de leurs nuisances ; il ne fait qu’incorporer à son forfait un service que demande le consommateur. Il incombe donc au consommateur de se renseigner, et de juger lui-même, par une démarche volontaire, s’il doit essayer de compenser ses déplacements en avion, et acheter ce service à l’opérateur qui lui semble le plus pertinent. Cela éviterait les offres sans valeur, à la fois juge et partie, et la récupération de la réflexion, par les opérateurs touristiques, qui ont intérêt à « verdir » leurs activités. Et surtout à éviter que chacun ne se détourne des voyages utilisant l’avion. Notons que les programmes de cumul de Mile’s sont plus visibles encore dans la communication ; poussant à consommer, ils sont plutôt en contradiction avec une réduction de nos GES.

Le coût des voyages n’a cessé de baisser, comme nous l’avons montré dans un article consacré au sujet ; et cela est en grande partie dû au prix des trajets aériens orientés à la baisse depuis des décennies, en particulier sur les destinations moyen courrier. Cela induit un plus grand nombre de voyageurs en avion (+ 6% par an depuis 20 ans), et la multiplication des vols sur une année pour de nombreux clients (2 milliards de passagers cumulés chaque année – source IATA).

Alors, la ou les solutions ?

Les outils, comme le Bilan Carbone® de l’ADEME, permettent d’évaluer le poids de GES généré par une activité humaine donnée ;
On cherche alors une action économique qui générera (ou mieux qui génère) une même valeur de GES non émis, les effets positifs de l’une compensant ceux négatifs de l’autre.
Mais compenser n’est pas annuler ; la neutralité carbone n’existe pas, car il y a bien eu émission de GES…

Revenons sur la compensation par les projets de (re)forestation :

En proposant des projets de reforestation dans le cadre d’une compensation (bois en échange de pétrole consommé), on cherche à mettre en parallèle, des cycles de carbone différents, qui ne sont ni synchrones, ni de même nature.
Le carbone issu du pétrole (cycle dit passif) a mis des millions d’années à se constituer à partir de végétaux dans les profondeurs du sol (en l’absence d’oxygène donc sans libération du CO2 à ce moment). Le cycle de vie d’une forêt va se dérouler à l’air libre (cycle dit actif) ; son bilan est neutre puisque le carbone stocké sera libéré, que ce soit par le feu ou par la décomposition.

Si les conditions de cette reforestation sont au moins aussi importantes que le fait de reforester, on peut considérer que c’est une bonne action (pour des populations, la biodiversité, etc.). Pour autant il est difficile de faire passer ces actions pour de la compensation carbone. Notre premier article consacrait tout un paragraphe au sujet. Aujourd’hui, l’augmentation de la température moyenne de 2° C ne fait pas de doute ; les conditions biogéographiques vont changer. Et on ne peut à l’évidence pas planter aujourd’hui des arbres adaptés au climat de demain. Redisons qu’une forêt arrivée à maturité rejette autant de CO2 qu’elle n’en séquestre.
Et par-dessus tout, il faudrait être sûr que la forêt n’aurait pas poussé naturellement, selon le principe d’additionnalité que nous retrouvons une fois encore.
Nous voyons, sur le principe même, qu’il est quasi impossible que cette solution réponde réellement à tous les critères énoncés supra.
L’hydraulique, elle, est immédiatement productive d’énergie renouvelable, en continu, là où cette énergie aurait pu être produite avec des énergies fossiles, si un tel projet n’avait pas été mené. Un programme d’amélioration de l’efficacité énergétique est aussi à effet immédiat.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un projet producteur d’énergie solaire est lié au futur (« je vous vends le soleil de demain »).

Alors pourquoi les programmes forestiers ont-ils tant de succès, du moins dans l’offre ?
Si ce moyen est le moins sûr, c’est aussi le moins cher à mettre en œuvre. Et il est plus facile de communiquer sur des hectares que des kilowatt/heure immatériels. Ce lien à la terre est aussi culturel (l’arbre racine, « la terre, elle, ne ment pas », etc.). Difficile de ne pas penser que l’on privilégie la communication, l’occupation de l’espace du débat, le verdissement grâce à forêt…

Ce débat sur les compensations carbone tend à montrer que l’on cherche des mécanismes de régulation, sans se donner les moyens d’action. Lesquels relèvent aussi de la législation, des autorités de tutelle et de leurs choix politiques.

Peu de voyageurs sont informés du fait, par exemple, que depuis une décision datant de l’après guerre, visant à promouvoir le transport aérien, vecteur de croissante, le kérosène n’est pas soumis à la taxe sur les carburants (la fameuse TIPP, qui représente 60 % du prix de l’essence à la pompe, et qui rapporte 25 milliards d’Euros chaque année). Le prix de nos billets d’avion s’en trouve anormalement minoré, faussant au passage la concurrence (la ligne de défense des affréteurs est que ce carburant est souvent exporté). Le transport aérien ne fait toujours pas partie du marché des quotas internationaux.
Seule une taxe carbone généralisée (à la consommation ou à l’extraction) permettrait les rééquilibrages qui s’imposent, orienterait nos comportements, favoriserait les moyens de transport peu émetteurs de GES, et dégagerait des fonds pour améliorer ici et maintenant l’efficacité énergétique.
Notons que nous lisons parfois qu’un vol en avion peut se justifier si on part longtemps ; ceci a un sens limité, puisque les GES émis par le transport sont indépendants de la durée du séjour ; les variables d’ajustement sont le temps de loisir disponible, ainsi que le budget du voyageur, qui pourra ou ne pourra pas prendre l’avion plusieurs fois par an…

En résumé, le financement de programmes de compensation d’émissions de GES devrait se limiter à deux domaines, l’hydraulique et l’efficacité énergétique. Eux seuls répondent aux critères permettant, au mieux, de s’assurer de la conversion de votre argent en non émission de GES. Il faut pour cela qu’ils soient certifiés par le mécanisme des MDP. Les certificats type VER ne sont pas, à notre sens, suffisants.
Il est indispensable de différer le moins possible la compensation dans le temps ; plus le temps entre l’émission des GES et les effets d’un projet visant à les compenser sera court, plus crédible et effective sera la compensation. L’idéal serait d’ailleurs de financer d’abord des projets, et dépenser ensuite une sorte de crédit carbone individuel…
L’additionnalité restera toujours la pierre d’achoppement de tout projet : comment prouver a priori, donc sur un scénario spéculatif, que le projet n’aurait pas eu lieu sans votre apport ? Alors que vos émissions de GES, elles, auront bien eu lieu.

Combien coûte une compensation chez un opérateur qui ne vend que du crédit carbone CER/MDP ?
Votre vol Paris / Conakry (vol direct) vous « coûtera » 2,04 T, soit l’empreinte écologique annuelle acceptable par terrien.
CO2logic 54 €
CLIMACT 54 €
Climat Mundi 38 € (CER/MDP à 93%)
Pour information, Action Carbone vous vendra 41 € la même compensation, mais sur des projets VER ; les VER (Verified emission reductions) ne sont pas attribués par l’ONU, mais sont un accord entre le porteur de projet et l’organisme, ce qui est très différent.

Nous constatons que le surcoût induit par la compensation dissuade et dissuadera peu de personnes d’effectuer le voyage projeté.

Comparons les émissions de GES entre les différents moyens de transports (source ADEME) ; si nous prenons par exemple 2000 Km :


Avion 0,51 T (Paris/Rome en A/R par exemple)
Voiture 0,43 T (interurbain 8 L/100 Km, divisible par le nombre de passagers)
TGV 0,005 T (mais 0,134 en Allemagne ; car l’électricité allemande provient en partie du charbon)
Corail 0,026 T
Autocar 0,08 T (1 passager en interurbain)
Minibus 0,25 T (pour 1 passager)


La meilleure utilisation des outils de mesure des GES reste de quantifier les effets des économies d’énergies, les améliorations de l’efficacité énergétique générées par les choix dans nos modes de vie, et ce que peut apporter la technologie.

La compensation carbone n’a de sens que si elle est concomitante à une réduction massive des émissions. Elle ne peut avoir qu’un rôle secondaire ; il faut refuser de croire que l’on peut tout compenser.
Si tout le monde compense, mais continue à prendre l’avion, que se passera t-il ? Les avions puisent dans un stock fini ; ce pétrole-là est-il le mieux utilisé ?
La logique est de réduire d’abord son empreinte énergétique, puis de compenser ce qui ne peut être réduit. Dans les faits nous faisons l’inverse.

Changer d’approche, redescendre sur terre ?

Le monde du tourisme devra faire sa révolution, sa transition ; elle est d’ailleurs en marche : tourisme solidaire, volontourisme, mobilité douce, tourisme de proximité, etc. sont des notions qui font leur chemin. Nous réapprendrons que l’important n’est pas d’arriver mais de voyager, que les possibilités offertes par le train, le bateau, les véhicules partagés sont inépuisables. Simplement, nous regarderons le planisphère un peu différemment… Et le rapport au temps changera aussi.

Si l’enjeu est de moins et/ou mieux voyager, il s’agit aussi d’acheter des biens (durables) qui voyagent moins pour nous parvenir ; puisque
1/ la réduction de nos émissions individuelles de GES doit s’aborder globalement,
2/ les importations massives de nos biens de consommation sont une externalisation des émissions de GES.

En attendant que les GES de chaque produit que nous consommons puissent être ajouté à notre empreinte écologique (assimilable à un compte carbone), qui rappelons-le devrait se limiter à 2 T/an (voir note 2, comment faire son bilan carbone), nos choix de consommation quotidiens (limités, durables, issus de circuits courts) pourront ainsi nous permettre de voyager, de manière soutenable.
Voyager devra de toutes façons changer de sens…

Ce qui implique l’évaluation en continu du bilan carbone de son foyer. Nous ne le faisons pas encore, mais pour combien de temps ?

Chacun à son niveau, en adhérant ou pas à des programmes de compensation carbone, peut aussi choisir librement de participer au financement d’actions en France visant à réduire notre dépendance aux énergies fossiles (qui est le fond du problème), à la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Pascal Lluch, pour V.V.E.
Mon blog rassemble des informations sur la compensation carbone

NOTES

1. Carbone, CO2, GES sont équivalents dans la littérature relative à la compensation ; ils évoquent les gaz émis lors de la combustion des énergies fossiles et sont au nombre de 6 ; le CO2 (dioxyde de carbone) est la molécule la plus présente, mais pas forcément la plus nocive. Le méthane est 40 fois plus réchauffant, mais à une durée de vie plus courte que celle du CO2 (100 ans est la durée communément admise de cette dernière).
2. Empreinte écologique : un des meilleurs sites pour calculer son empreinte écologique est http://www.bilancarbonepersonnel.org/ ; on peut faire des simulations, sauvegarder des profils sur plusieurs années (voir aussi Le Climat entre nos mains, Greenpeace puis « Sur la compensation carbone »).
3. Les Amis de la terre ont publié un rapport sur les faiblesses du mécanisme des MDP, et demandent l’abandon de la compensation carbone
4. Un article qui explique les principes du marché du carbone et pourquoi il faut ne faut pas inclure les forêts dans les MDP
6. La revue Carnets d’Aventure ne relate quasi que des longs voyages effectués sans avion, voire sans moyens motorisés ; elle a édité un dossier intéressant (hors série N° 3) consacré à la question des voyages écologiques.
8. L’empreinte carbone : seule certitude pour Copenhague : un article de l’Usine Nouvelle 18 12 2009
9. La compensation carbone illusion ou solution ? Augustin Fragnière, PUF, novembre 2009, 208 p., 13 €. Un excellent petit ouvrage indispensable.
10. Nous écrivions en 2008 que « l’achat de CO2 à un organisme français est déductible à hauteur de 66 % de votre impôt » ; ceci est faux, et les organismes qui vous fournissent des attestations pour bénéficier de la déduction de vos revenus d’une partie de la contribution à un projet de réduction des GES n’est pas légalement possible ; il s’agit d’un achat et non d’un don.« Le Journal officiel de la République française dans une réponse ministérielle à une question parlementaire indique : "Les personnes physiques et les personnes morales ne bénéficient d'aucune réduction d'impôt au titre des versements effectués en contrepartie du service de compensation de gaz à effet de serre." (JO du 5 août 2008, édition des questions de l'Assemblée nationale, page 6784). Comme indiqué sur le site de l'Assemblée nationale, "les réponses aux questions [parlementaires] n'ont en principe aucune valeur juridique et ne lient pas l'administration sauf en matière fiscale où elles sont considérées comme exprimant l'interprétation administrative des textes" (http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/fiches_synthese/fiche_47.asp). "[Les réponses ministérielles] sont [...] considérées comme exprimant la doctrine administrative au même titre que les instructions ou circulaires" (http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/collection/4.asp#P355_69149) ». Cette information est tirée du site Climat Mundi, pertinent sur les différents aspects de la compensation carbone (et vendeur de quotas de crédit carbone).





Pour mieux comprendre la dynamique qui régit l’achat de crédits de carbone lors de voyages à bilan « carbone neutre »

Julianna Priskin 26 07 2007 (Canada)
Pour mieux comprendre la dynamique qui régit l’achat de crédits de carbone lors de voyages à bilan « carbone neutre »
La compensation volontaire de carbone peut s’appliquer à toutes les activités qui génèrent des gaz à effet de serre (GES). Il s’agit essentiellement de payer des frais supplémentaires pour acheter des crédits de carbone qui seront investis dans des projets de compensation. Pour respecter un bilan «carbone neutre», la quantité de crédits de carbone achetée doit égaler la quantité d’émissions produites.

Avoir un bilan carbone neutre en tourisme est principalement associé au secteur des transports. Toutefois, de plus en plus, les hôtels, les événements et même les compagnies de location de voitures proposent de neutraliser leur empreinte écologique. Même si le principe du «carbone neutre» n’est pas encore appliqué par tous, il est en croissance. Par exemple, en 2005, 0,5 % des passagers de British Airways ont effectué des voyages «carbone neutre» alors que ce nombre est présentement estimé à 1%. Certains rapports révèlent que le marché de la compensation volontaire des émissions de carbone a augmenté de 1000% de 2002 à 2005. Comme ce marché n’est pas réglementé, il faut prendre conscience d’un certain nombre d’enjeux qui en résultent.

Mise en contexte du système de compensation des émissions de carbone
L’achat volontaire de crédits de carbone fonctionne en dehors des mécanismes prévus au Protocole de Kyoto. Pour les particuliers comme pour les entreprises, ce système contribue de manière importante à l’atténuation des changements climatiques; il s’agit aussi d’un bon exemple d’application volontaire du principe pollueur-payeur.
Le Protocole de Kyoto, un cadre obligatoire pour les pays signataires, inclut trois principaux mécanismes:
> les «échanges» de permis d’émission de carbone,
> les projets du mécanisme de développement propre (MDP),
> les projets de mise en œuvre conjointe (MOC).

L’échange de permis d’émission de carbone est une mesure d’allocation qui fixe la limite de pollution que les pays signataires du Protocole de Kyoto peuvent émettre. Ceux qui émettent plus qu’il ne leur est permis doivent acheter des crédits de ceux qui se situent sous leur limite, par le biais du marché du carbone, par exemple le marché européen des permis d’émission. Actuellement, cette mesure touche principalement les compagnies d’électricité et le secteur manufacturier. Elle ne concerne pas encore l’industrie touristique ni les compagnies aériennes, bien que ces dernières subissent d’importantes pressions.
D’autres mesures incluent des projets spécifiques qui permettront de réduire les GES. Ces projets de compensation créent de nouveaux crédits de carbone et comprennent, à titre d’exemple, la production d’énergie renouvelable, le développement de technologies liées à l’efficacité énergétique et le stockage du carbone. Les projets de compensation adoptés en lien avec le Protocole de Kyoto sont gérés par les gouvernements signataires. Tel que mentionné précédemment, il en existe deux types: les projets du «mécanisme de développement propre» permettent aux pays industrialisés d’investir dans des projets localisés dans des pays en développement afin de contribuer au développement durable de ces pays, alors que les projets de «mise en œuvre conjointe» concernent les investissements entre pays développés. En général, l’achat de crédits par les voyageurs pour compenser ou neutraliser leurs activités ne s’inscrit pas dans ce genre de projets, mais il y a des exceptions, dont «Atmosfair», un organisme de compensation.
L’achat volontaire de crédits de carbone n’équivaut pas, en termes absolus, à la réduction des émissions puisque la pollution subsiste. Il est donc essentiel que tout le monde participe aux efforts de réduction. Quelques chercheurs suggèrent que, pour réduire la contribution de GES du secteur de l’aviation de 10%, l’achat volontaire de crédits de carbone devrait se multiplier au moins par 400.

Dix choses à savoir avant de choisir d’avoir un bilan «carbone neutre»
1. Différents types d’organisations qui vendent des crédits de carbone
Environ 40 organismes vendent des crédits de carbone et l’augmentation de leur nombre entraîne des problèmes de transparence. Parmi ces compagnies, certaines sont à but lucratif, d’autres non, mais elles sont toutes situées dans des pays industrialisés. Elles versent de 25% à 90% de leurs revenus à des projets de compensation. Certaines gardent donc un montant important pour payer leurs frais d’exploitation.

2. Variations dans le calcul des émissions
Il existe d’énormes différences (jusqu’à 3 fois plus) entre les systèmes de mesure des émissions de carbone utilisés par les organisations qui vendent des crédits de carbone. Il importe de standardiser ces modes de calcul pour augmenter leur crédibilité. Les systèmes doivent êtres à la fois informatifs et précis. En général, plus le nombre de paramètres utilisés est élevé, plus le calcul des émissions de carbone devrait être précis. En ce qui concerne le calcul des émissions provenant des avions, un bon système de mesure prend en compte la distance exacte des déplacements, le forçage radiatif (radiative forcing) à différentes altitudes selon la longueur du vol, le taux d’occupation, l’altitude de vol ainsi que le type d’avion.

3. Coût des crédits de carbone
Comme le marché volontaire des crédits de carbone évolue à l’extérieur des mécanismes de Kyoto et qu’il n’est ni réglementé ni standardisé, le prix d’une tonne de carbone varie selon les organisations, allant de 3 $ à 43 $ la tonne.

4. Types et qualité des projets soutenus
Parmi les trois principaux types de projets de compensation du carbone, les plus favorables incluent la production d’énergie «sans émission» (éolienne, biomasse, solaire, géothermique, etc.) et le développement de nouvelles technologies (qui utilisent moins d’énergie, telles les voitures hybrides).
Lorsqu’on investit dans ces projets, le principal problème rencontré est lié à l’«additionnalité», un terme qui fait l’objet de discussions dans la comptabilité du carbone. Avant d’acheter des crédits de carbone, il importe de savoir si les projets soutenus contribuent véritablement à la réduction des GES. La question à se poser est la suivante: si je n’avais pas financé ce projet, existerait-il? Si la réponse est oui, ce n’est pas un réel projet de réduction parce que son financement n’est pas venu d’un achat de crédits de carbone.
5. Gare aux plantations d’arbres
Les voyageurs qui ont l’intention de voyager avec un bilan «carbone neutre» doivent être bien informés sur les crédits de carbone qui financent la plantation d’arbres. Les indices montrent qu’il existe beaucoup trop de problèmes et de controverses à cet effet et c’est pourquoi certaines organisations n’offrent aucun crédit de carbone pour ce genre de projet. Planter des arbres ne résoudra pas seul les problèmes de changements climatiques, car cela ne mène pas à une réduction de la dépendance aux combustibles fossiles (analyse à lire dans un prochain Globe-Veilleur).

6. Acheter des crédits de carbone de haute qualité
Les compagnies qui vendent des crédits de carbone peuvent oeuvrer ou non à l’intérieur du cadre du Protocole de Kyoto. L’avantage, pour celles qui y adhèrent, est que la réduction des émissions est vérifiée à l’aide d’un cadre réglementé, géré par les gouvernements qui sont partie prenante du Protocole.

7. Acheter de futurs crédits de carbone
Les voyageurs doivent également savoir que certaines organisations vendent des crédits de carbone pour des projets existants ou des projets futurs. Étant donné qu’un projet peut ne jamais se réaliser ou être moins performant que prévu, il est risqué d’acheter des crédits pour des projets éventuels. Il est toutefois important d’investir dans des projets en démarrage pour donner le coup d’envoi aux nouveaux projets de compensation.
8. Labels de conformité des projets
Bien qu’elles commencent à se développer, il n’existe actuellement aucune norme pour évaluer la performance des projets de compensation volontaire. Cependant, la Gold Standard Foundation offre un label de qualité – actuellement le plus fiable – aux projets associés au Protocole de Kyoto ainsi qu’à certains autres projets à base volontaire. Des tierces parties évaluent rigoureusement la qualité environnementale des projets. La Gold Standard vise exclusivement les projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique.

9. Emplacement des projets de compensation
Certains projets de compensation sont situés dans des pays en développement et plusieurs d’entre eux ont créé des problèmes d’ordre environnemental et social (tels que la délocalisation des populations, la perte d’accès aux ressources vitales, etc.); c’est pourquoi les voyageurs qui achètent des crédits de carbone doivent s’assurer que les projets répondent aux normes et aux standards de manière à apporter aux pays concernés des bénéfices à long terme.
10. Organisations de compensation les plus compétentes
Deux récentes études qui ont évalué les organisations de compensation recommandent les suivantes: Atmosfair, Climate Friendly, Myclimate et NativeEnergy.

Et ensuite ?
Pour s’assurer que les dépenses supplémentaires des voyageurs et de l’industrie touristique correspondent aux attentes, il est indispensable de répondre aux questions soulevées précédemment.

Le changement climatique est un problème global qui nécessite des solutions globales. Si l’industrie touristique veut garder confiance dans les projets de compensation des émissions de carbone, la méthode de calcul doit être standardisée et les projets doivent être certifiés et accrédités par une organisation compétente.

Entre-temps, il importe de réduire les émissions et de chercher des solutions de rechange à l’utilisation d’énergies fossiles qui contribuent aux changements climatiques. Si nous voulons obtenir un bilan «carbone neutre», nous devons nous assurer que l’argent des crédits soit investi dans des projets de qualité.

1 Le carbone réfère au dioxyde de carbone. Les projets de compensation du carbone incluent parfois la compensation d’autres gaz à effet de serre. Le Protocole de Kyoto reconnaît six responsables du réchauffement: le dioxyde de carbone (gaz carbonique), le méthane, l’oxyde nitreux, les hydrofluorocarbones, les perfluorocarbones et l’hexafluorure de soufre.

Sources:
- Anonymous. The Economist. Carbon Offsets: Ripping Off Would-be greens? The Economist, vol. 382, no 8520, 2007, p. 61.
- Anonymous. The New Internationalist. Special Report on Carbon-related Issues. The New Internationalist, juillet 2006, no 391.
- Site Internet d’Atmosfair. [www.atmosfair.de] (dernière consultation le 4 juillet 2007).
- Site Internet de Climate Friendly. [www.climatefriendly.com] (dernière consultation le 4 juillet 2007).
- Heughebaert, A. Étude comparative des programmes de compensation volontaire des émissions de C02 par les passagers d’avions. Institut de Gestion de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Université Libre de Bruxelles, 2006, 98 p.
- International Civil Aviation Organization. Presentations and Statements. ICAO Colloquium on Aviation Emissions with Exhibition, tenu à Montréal, Canada 14-16 mai 2007.
- Site Internet de Gold Standard Foundation. [www.goldstandard.org] (dernière consultation le 11 juin 2007).
- Gössling, S., J. Broderick, P. Upham, J. Ceron, G. Dubois, P. Peeters et W. Strasdas. Voluntary Carbon Offsetting Schemes for Aviation: Efficiency, Credibility and Sustainable Tourism. Journal of Sustainable Tourism, vol. 15, no 3, 2007, p. 223-248.
- Kollmuss, A. et B. Bowell. Voluntary Offsets for Air-travel Carbon Emissions. Evaluations and Recommendations of Voluntary Offset Companies. Tufts Climate Initiative, 2007, 53 p.
-Luzadder, K. Agent Issues: Carbon-offset Programs: a Reality Check. [www.travelweekly.com], 14 juin 2007, 5 p.
- Site Internet de Myclimate.[www.myclimate.org] (dernière consultation le 4 juillet 2007.)
- Site Internet de NativeEnergy. [www.nativeenergy.com] (dernière consultation le 4 juillet 2007.)
-Tufts Climate Initiative. A Consumer Handout. Flying Green. How to protect the Climate and Travel Responsibility. Tufts Climate Initiative, 2006, 5 p.
- Site Internet de United Nations Framework on Climate Change. [http://unfccc.int/2860.php] (dernière consultation le 28 juin 2007).